Ce portrait filmé sur de Gaulle est une fresque militaire épique, même si elle est centrée sur le général
D’abord perçu avec ce corps immense qui semble l’encombrer, de Gaulle (Simon Abkarian, excellent !) cherche sa place et s’affronte avec tous, et donc à Londres avec Churchill (le Premier ministre anglais, interprété par Simon Russell Beale) : les deux alliés ne sont pas toujours d’accord, c’est certain ! Même s’ils sont réunis face au même adversaire et ont les mêmes intérêts, ils se chamaillent sans cesse.
De Gaulle se confronte donc à tous, même à ses alliés, et il devra faire jouer stratégiquement les colonies africaines pour parvenir à faire face à l’ennemi. Toutes les alliances comptent et chacune a son importance.
Et bientôt, « la Résistance » fera son effet
De Gaulle y aura joué son rôle en affirmant clairement que la France pouvait encore gagner face à l’ennemi qui déjà clamait sa victoire. En appelant les Français à ne pas céder et à se solidariser en résistant, il a eu le rôle d’un personnage emblématique qui est tout à son honneur ! Son entêtement sera sa force et l’a rendu persuasif.
Le film montre bien que l’orgueil du général joue un facteur essentiel avec sa vision idéaliste de la France libre, quoique, bien sûr, il aura fallu des alliés pour faire face à l’ennemi, pour ne pas se laisser humilier et parvenir à la victoire. En fait, un ensemble de circonstances complexes, et cependant favorables, était indispensable, ce que le film d’Antonin Baudry montre très bien, et avec une forte émotion patriotique qui s’en dégage. Le film est superbement interprété par Simon Abkarian, tout en orgueil. Il est entouré de nombreux interprètes de renom dans des rôles très secondaires : Niels Schneider, Karim Leklou, Ana Maria Vartolomei, Benoît Magimel …
Le point de départ de la victoire à venir, c’est l’idée que de Gaulle se fait de la France et de sa grandeur nationale, de son indépendance tout autant que de ses institutions. Ce qui fait que ce « petit » pays a une place à part dans le monde. D’autant plus que nombreux sont ceux qui se réclament du « gaullisme », et même encore aujourd’hui. Et dans tous les domaines : avec une exigence d’unité et de grandeur nationale.
Caroline Boudet-Lefort

