Sous le commissariat de Stéphanie Quantin et Michel Gauthier, conservateurs au Centre Pompidou, l’exposition dévoile la genèse du Centre architectonique, bâtiment conçu par Victor Vasarely et inauguré en 1976. Cette architecture singulière, classée Monument historique depuis 2013 et labellisée « Musée de France » depuis 2020, constitue l’un des témoignages majeurs de la volonté de l’artiste de créer une rencontre entre arts plastiques, architecture et société.
À travers un ensemble de prêts exceptionnels provenant notamment du Centre Pompidou, du FRAC Centre-Val de Loire et du Musée national Fernand Léger, le parcours retrace les différentes étapes de cette réflexion sur la synthèse des arts. Dessins, projets architecturaux et œuvres mettent en lumière la manière dont Vasarely envisageait l’intégration de l’art dans les lieux de vie comme un projet à la fois esthétique et social.
L’exposition revient notamment sur les influences du Bauhaus, les premières expériences d’intégration architecturale menées à Caracas en 1954, ainsi que sur le projet utopique de la « Cité polychrome du bonheur », imaginée par Vasarely comme une ville où la couleur et les formes géométriques participeraient à améliorer le quotidien.
Le parcours élargit également cette réflexion aux recherches d’autres artistes et architectes du XXe siècle engagés dans une approche renouvelée de l’espace urbain. Parmi les projets présentés figurent notamment les études de Carlos Raúl Villanueva pour la Cité universitaire de Caracas, la « Ville spatiale » de Yona Friedman, les Torres de Satélite de Mathias Goeritz ou encore les Sculptures habitacles d’André Bloc.
Plus qu’une rétrospective, « Projet pour une révolution » propose ainsi une lecture d’un aspect moins connu de l’œuvre de Vasarely : son désir de transformer la place de l’art dans la société. Pour l’artiste, l’œuvre ne devait pas être réservée aux institutions culturelles mais devenir un élément du cadre de vie collectif.
Installée dans le Centre architectonique d’Aix-en-Provence, qui abrite 44 œuvres monumentales de Vasarely intégrées directement à son architecture, l’exposition invite jusqu’à l’automne les visiteurs à redécouvrir un lieu pensé comme une œuvre totale, à la croisée de l’art optique, de l’architecture et de l’utopie sociale.
