Pensée comme une odyssée à travers le temps, l’exposition entraîne le public de l’histoire de la Méditerranée vers un futur imaginé en 2050. Au fil de quatre espaces thématiques, de dispositifs interactifs et d’expériences immersives, elle propose un scénario de régénération de cet écosystème sous une condition : que les décisions prises aujourd’hui permettent d’en préserver durablement les équilibres.
L’horizon est notamment celui du « 30x30 », objectif adopté lors de la COP15 de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, qui vise à protéger 30 % des terres et des océans à l’horizon 2030. Dans le parcours imaginé par l’Institut océanographique, cette ambition prend une forme concrète : une Méditerranée où la pêche préserverait les fonds marins, où le trafic maritime limiterait ses nuisances, où les cétacés seraient moins exposés aux collisions et où les Aires Marines Protégées (AMP) constitueraient un réseau véritablement efficace.
Cette pédagogie s’appuie sur un paradoxe écologique majeur. La Méditerranée représente moins de 1 % de la surface des océans, mais concentre près de 7,5 % de leur faune marine et 18 % de leur flore, selon le rapport State of the Environment and Development in the Mediterranean du Plan Bleu, publié en 2020. Un territoire réduit à l’échelle planétaire, mais d’une exceptionnelle richesse biologique et soumis à de multiples pressions.
De la prise de conscience à l’envie d’agir
Le million de visiteurs constitue ainsi, pour l’Institut océanographique, davantage qu’un indicateur de fréquentation. Une enquête menée auprès de 1 378 visiteurs adultes francophones et anglophones entre juillet 2025 et avril 2026 permet de mesurer l’effet du parcours sur les perceptions du public.
Selon cette étude, 98 % des personnes interrogées déclarent avoir compris que la Méditerranée est en danger et souhaitent transmettre les connaissances acquises pendant leur visite. Plus de la moitié, soit 60 %, affirment également que l’exposition leur a donné envie d’agir concrètement pour sa protection.
Le message semble par ailleurs dépasser la seule responsabilité individuelle. Pour 70 % des répondants, l’action collective constitue le principal levier de préservation de la Méditerranée. Une manière de rappeler que la transformation des pratiques dépend autant des comportements quotidiens que des choix politiques et économiques.
L’enquête révèle toutefois un angle mort : les Aires Marines Protégées restent encore peu identifiées comme un outil de conservation. Seuls 43 % des visiteurs interrogés les citent parmi les solutions permettant de préserver la Méditerranée. Une donnée qui souligne la nécessité de poursuivre le travail de pédagogie autour de ces espaces, dont l’efficacité dépend notamment de leur gestion et de leur mise en réseau.
Cette volonté de prolonger la visite par une mise en action se traduit déjà dans les chiffres : plus de 650 000 défis interactifs ont été relevés, au terme du parcours ou via l’application « My OCEANO Med ». Les visiteurs y sont invités à faire évoluer virtuellement l’état des Aires Marines Protégées, transformant le geste ludique en exercice de projection sur les choix à venir.
L’immersion comme outil de transmission
Au cœur de « Méditerranée 2050 », Oceano Odyssey – Mission Pelagos pousse plus loin encore cette logique d’immersion. Installée dans la Salle de la Baleine, espace emblématique du Musée océanographique, l’expérience plonge les visiteurs dans le Sanctuaire Pelagos, à bord d’un vaisseau d’exploration fictif. Conçue avec l’agence Artisans d’idées, elle associe narration scientifique, scénographie immersive et technologies audiovisuelles. Vingt-sept vidéoprojecteurs laser 4K, un dispositif sonore spatialisé et des contenus numériques photoréalistes composent un environnement spectaculaire dans lequel le récit scientifique se déploie à l’échelle de la salle.
Dans cette expérience, la technologie se veut au service du récit : faire ressentir la richesse du milieu marin pour mieux donner à comprendre sa fragilité. Une approche qui a été distinguée à deux reprises en 2026, avec le Mondo-DR Award dans la catégorie « Museum » et le Red Dot : Best of the Best, dans le cadre du Red Dot Award : Brands & Communication Design.
Une exposition qui dépasse les murs du Musée
L’expérience immersive poursuit désormais son voyage au-delà de Monaco. Une version spécialement adaptée d’Oceano Odyssey – Mission Pelagos, d’une durée de trois minutes, est présentée au sein d’Europa-Park, dans le nouveau quartier monégasque du parc, au cœur de la file d’attente de Silver Star. L’installation bénéficie ainsi d’un potentiel de diffusion considérable : cette attraction accueille chaque année près de 1,5 million de visiteurs. Pour l’Institut océanographique, cette implantation permet de toucher un public international qui ne franchira pas nécessairement les portes du Musée de Monaco.
