Avec cette série inédite de dessins, Alain Amiel poursuit une recherche aussi plastique qu’intellectuelle autour de l’acte de création. En noir et blanc, parfois traversés de touches colorées discrètes, ses dessins mettent en scène la silhouette de l’artiste face à son œuvre dans un dialogue silencieux, presque méditatif. Le respect scrupuleux des proportions réelles permet au visiteur de saisir immédiatement l’échelle du tableau représenté et d’entrer physiquement dans le rapport entre le corps du peintre et l’espace de la création.
Les étoiles, omniprésentes dans ces compositions, ouvrent quant à elles une dimension plus mentale et cosmique. Elles installent un espace suspendu, entre atelier intérieur et univers imaginaire, où la peinture devient à la fois mémoire, projection et territoire de pensée.
Cette nouvelle série constitue également une traversée érudite de l’histoire de l’art. Des premières images pariétales de la Préhistoire aux grands maîtres de la Renaissance italienne, des iconographies médiévales aux Impressionnistes, en passant par les arts d’Asie et d’Afrique, la bande dessinée ou encore des artistes contemporains comme Anselm Kiefer et Ernest Pignon-Ernest, Alain Amiel compose un vaste atlas personnel des images qui nourrissent son regard.
Plus qu’une simple représentation de l’artiste au travail, ces dessins saisissent « l’instant fragile où l’image se crée », ce moment indéfinissable où la pensée devient forme.
Une réflexion visuelle sur la naissance de l’œuvre, sur le geste, mais aussi sur la solitude féconde de l’atelier
Ancien éditeur durant plus de vingt ans, Alain Amiel a profondément marqué la vie culturelle niçoise en publiant de nombreuses monographies consacrées aussi bien à Gustave-Adolf Mossa, Arman, Ben et aux grandes figures de l’École de Nice, qu’aux mouvements majeurs de l’art moderne et contemporain, du surréalisme à l’art brut ou conceptuel. Toujours critique d’art pour Art Côte d’Azur, il poursuit parallèlement un travail d’écriture, de recherche et de création centré notamment sur Vincent van Gogh, auquel il consacre ouvrages, films et articles.
« De mon passé d’éditeur, j’ai gardé un goût pour toutes les activités de l’esprit : la lecture, la poésie, l’écriture, le cinéma, mais aussi l’histoire, la psychanalyse, les sciences, la philosophie, et plus particulièrement, l’art sous toutes ses formes », confie-t-il. Une déclaration qui éclaire la richesse transversale de cette exposition, à la croisée du dessin, de la pensée et de la mémoire artistique.


