Présentée au Centre de la photographie de Mougins, l’exposition réunit les œuvres d’André Villers, d’Elsa Leydier et de Clara Chichin. Trois démarches singulières, trois générations, mais une même volonté de repenser la photographie comme une pratique incarnée, expérimentale et sensible.
Figure majeure de la photographie expérimentale, André Villers est présenté bien au-delà de son rôle historique de photographe de Pablo Picasso. L’exposition met en lumière un travail où l’image devient langage, fait de découpes, de surimpressions et de manipulations : « la photographie peut, et doit, demeurer un organisme vivant, un corps pigmentaire, composé de signes, d’émulsions et de microéléments vibrants », souligne le texte de présentation,
Avec L’Impostrice, Elsa Leydier propose quant à elle des œuvres imprimées sur papier recyclé et ensemencé de graines, intégrant leur possible disparition. Ses images, volontairement fragiles, évoquent « le doute, l’hésitation, parfois un potentiel que l’on pressent mais qui n’est pas encore tout à fait là », s’inscrivant dans une réflexion écoféministe sur le pouvoir et la vulnérabilité des images.
Le parcours se prolonge avec le travail de Clara Chichin, issu de marches et de dérives dans les paysages méditerranéens. Ses photographies, plus suggestives que descriptives, cherchent à traduire une expérience du paysage vécue de l’intérieur. L’artiste revendique une écriture photographique « écopoétique » qui « interroge notre rapport au monde dans un contexte de crise écologique ».

