Pensée comme un parcours diachronique, l’exposition invite le visiteur à circuler entre les époques et les formes, des déesses-mères antiques à la figure familière de la Bonne Mère marseillaise, des représentations idéalisées aux vécus intimes et parfois invisibilisés.
Expérience universelle
La scénographie, volontairement solaire et enveloppante, accompagne ce cheminement sensible structuré en trois grandes sections.
La première s’attache aux imaginaires traditionnels de la mère, figures fantasmées et souvent normatives. La seconde dévoile des réalités plus complexes : maternités empêchées, deuil périnatal, interruptions de grossesse ou expériences marginalisées, donnant à voir une pluralité de vécus longtemps tus. La dernière partie se concentre sur la transmission et les liens mère-enfant, interrogeant codes, héritages et phénomènes de mimétisme.
En guise de conclusion, un mur de proverbes issus du bassin méditerranéen consacré aux mères et belles-mères, ainsi qu’un « CV de la bonne mère » – qui « travaille comme si elle n’avait pas d’enfant, élève ses enfants comme si elle n’avait pas de travail » – apportent une touche d’humour révélatrice : si la maternité est intime et singulière, elle demeure une expérience universelle.
Près de 350 œuvres composent cette traversée, mêlant petites terres cuites, grandes peintures, installations monumentales et extraits de films, dont une centaine issues des collections ethnographiques du Mucem. Le parcours est ponctué de chefs-d’œuvre emblématiques : Les Vénus de Prune Nourry, la coupe d’Eos et Memnon de Douris et Kalliadès, La Vierge à la grenade de Sandro Botticelli, une Blue Goddess de Niki de Saint Phalle ou encore Coração Independente de Joana Vasconcelos.
