D’année en année, Marion Charlet construit une œuvre à partir d’images photographiques qu’elle collecte puis transforme en peinture. Formée à Paris puis à la Villa Arson de Nice, l’artiste développe un vocabulaire visuel reconnaissable : villas contemporaines, piscines, terrasses, jardins luxuriants ou végétation envahissante composent des scènes baignées d’une lumière méditerranéenne.
Présentée au Suquet des Artistes du 4 juillet 2026 au 10 janvier 2027, Felicità rassemble trente-neuf œuvres réalisées entre 2017 et aujourd’hui. L’exposition offre un aperçu de près d’une décennie de création et met en évidence l’importance du paysage dans la pratique de l’artiste.
Entre souvenir et fiction
Chez Marion Charlet, les lieux représentés semblent familiers sans jamais pouvoir être précisément identifiés. À partir de photographies qu’elle réalise elle-même, l’artiste procède par sélection, assemblage et recomposition. Les espaces qui en résultent se situent à la frontière du document et de l’invention.
Désertées de toute présence humaine, ses compositions instaurent une temporalité suspendue. Les lignes architecturales dialoguent avec une nature abondante qui finit parfois par brouiller les limites entre intérieur et extérieur, entre espace construit et paysage.
Une Méditerranée mentale
Le titre de l’exposition, Felicità, renvoie aux notions de bonheur, de villégiature et d’évasion. Mais derrière la sérénité apparente de ces décors se glisse une forme d’ambiguïté. Si la lumière et les couleurs évoquent la douceur de vivre, certaines œuvres laissent affleurer une atmosphère plus mystérieuse, presque cinématographique.
Par cette tension entre idéalisation et étrangeté, Marion Charlet compose une Méditerranée moins géographique que mentale, faite de souvenirs, de projections et de désirs.
Le Suquet des Artistes, Cannes
Du 4 juillet 2026 au 10 janvier 2027

