carbone, résine époxy, 79 x 55 x 65 cm.
Don de Marcel Wanders en 2016
© Marcel Wanders photo
© Centre Pompidou, MNAM-CCI
/Georges Méguerditchian/Dist. RMN-GP
L’exposition s’ouvrira avec des figures pionnières du textile dans les avant-gardes, telles que Sonia Delaunay ou Élise Djo-Bourgeois, qui renouvellent le recours au textile dans un dialogue avec le mobilier et l’architecture. Dans les années 1960, l’apparition des fibres synthétiques et le développement industriel débouchent sur des tissus extensibles, souples et résistants, capables d’épouser les formes du corps et d’offrir une liberté nouvelle, ainsi avec Pierre Paulin ou Olivier Mourgue. Les jerseys et autres textiles souples deviennent des outils d’innovation, des vecteurs d’évolution technique et esthétique. Dans la seconde moitié du siècle, des créatrices comme Sheila Hicks ou Simone Prouvé s’imposent par leur approche innovante, explorant le lien entre art, architecture et textile.
Dans une démarche expérimentale, d’autres designers, comme Gaetano Pesce ou ensuite, Marcel Wanders, dans le contexte radical de Droog Design, durant les années 1990, détournent la matière textile, questionnant la frontière entre forme, structure et processus. Cette exploration se poursuit avec la maille métallique, utilisée par Dominique Perrault et Gaëlle Lauriot-Prévost, Vincent Poujardieu ou le duo Muller Van Severen. Ici, la maille devient un langage architectural et sculptural.
L’exposition questionnera le rapport entre l’objet de design et le textile qui s’étend à de nouveaux territoires. Hella Jongerius développe ainsi une approche expérimentale du tissage, où se conjuguent savoir-faire manuel et conception et fabrication numérique. D’autres créatrices explorent des textiles réactifs et interactifs, intégrant la technologie. Dans les années 2000, Ronan et Erwan Bouroullec innovent avec des textiles aux vertus acoustiques qui sont en même
temps des partitions souples de l’espace. Aujourd’hui, l’on explore les potentialités des fibres naturelles, recyclées ou régénérées, dans une réflexion sur la durabilité, la circularité et le rapport entre technique et écologie.
À travers cette histoire entre design & textile, le rôle des créatrices apparaît en filigrane : non pas comme un récit parallèle, mais comme une contribution essentielle à l’évolution du design, où le tissu est devenu le symbole d’une pensée en acte du sensible, reliant mémoire et innovation.
Commissariat :
Marie-Ange Brayer, Conservatrice en cheffe, service design et prospective industrielle, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou
Lucile Montagne, Conservatrice en chef du patrimoine, cheffe du service de l’inspection, Mobilier national
Assistées par Anna Izard et Thomas Hochet
Scénographie :
Emmylou Doutres et Clément Rosenberg, lauréats de la Bourse Agora du Design 2025
