Pour ceux qui l’auraient loupé, séances de rattrapage à Arc-et-Sénans (dimanche), dans l’amphithéâtre romain de Vienne (mardi 28) puis à Marciac où sa tournée 3.0. fait également escale. À 75 ans, les outrages du temps n’ont pas de prise sur le bassiste et chanteur anglais qui, comme les cyclistes, enchaîne les grands ’tours’. Après « My songs », où il a revisité son répertoire, nouvelle approche avec ce Sting 3.0 où il se présente en trio, comme aux bon vieux temps de police.
Derrière cette immense forêt, il y avait aussi de petits arbres qui ont peiné à éclore hier soir
Je veux parler des groupes programmés au théâtre de verdure qui, lui, n’a pas fait le plein, et de beaucoup, puisque le public se massait sur Masséna en attendant qui vous savez. La chanteuse italo-californienne Gabriella Cavanna a ouvert le bal avec un show bien carré, bien classique, du genre que l’on voit dans les soirées américaines glamour. Jolie voix, quelques mots en français, et la jeune femme dans sa belle robe blanche a aussi rendu hommage à la grande dame brune Barbara en chantant « la solitude », clin d’œil parfait pour le public hexagonal.
Vint ensuite le groupe du batteur et chanteur Kassa Overall, entouré d’un excellent pianiste et d’une basse, pour un jazz métissé et énergisant. Un vrai coup de cœur pour ce p’tit gars de Brooklin qui laisse sa grosse voix grave s’épancher sur des compositions originales, inventives, puissantes, très représentatives d’une nouvelle génération qui n’hésite pas à casser les codes, à aller dans l’avant-garde, le hip-hop, le tout parfaitement maîtrisé. Les anglophones auront compris au passage quelques messages sur le racisme, ce qui sent le « vécu ».
Quelle drôle d’idée que de vouloir aller aux États-Unis en ce moment… Pour cela, il faut espérer un visa, et donc laisser son passeport à l’ambassade américaine, le temps des formalités et des contrôles. Programmé en fin de soirée, le groupe anglais Gotts Street Park a voulu jouer en même temps la coupe et le championnat, c’est-à-dire faire le NJF et quelques dates US. Au final, pas de papiers pour passer la Manche… merci le Brexit. Ils ont été remplacés au pied levé par Olive Jones, jeune anglaise ayant vécu sur la Côte d’Azur (et joué dans les rues de Nice, Antibes et Juan avant d’être invitée au NJF, quel parcours !.) Elle a accepté le défi de se présenter alors que personne ne l’attendait et pas grand monde qui la connaissait. Pour elle, ce ne fut pas vraiment un cadeau car son set était programmé 30 minutes avant celui de Sting, et malgré une superbe prestation, elle a vu le public quitter progressivement les gradins pour aller sur Masséna retrouver son célèbre compatriote. C’était injuste, car sa jolie voix s’appuyait sur des mélodies bien ciselées. Son concert fut de haute volée et l’on appréciera de la revoir ici à Nice dans des conditions « normales ». Obligée de faire contre mauvaise fortune bon cœur, elle a courageusement conduit son concert à son terme, remerciant les rares spectateurs ‘survivants’ d’être restés.
Si elle fait plaisir, la venue d’énormes vedettes ne va pas sans poser de questions sur la nature d’un festival… Ceci est comme un « message in a bottle »...



