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Anthea - « Encore une journée divine » : très belle performance de François Cluzet

Tout au long du spectacle, François Cluzet est seul en scène dans un décor où trône uniquement un lit d’hôpital.

Thérapeute reconnu, il ne supporte plus de voir stagner ses patients et décide donc de cesser toute écoute attentive mais complaisante. Il clame ses erreurs et ses désillusions.
Il s’adresse au médecin venu le voir et ses mots, comme ses pensées tournent en rond. Il ressasse les mêmes pensées en les changeant un peu d’un instant à l’autre.
C’est sans bienveillance qu’il parle de son frère : il le voit comme minable. Mais qui pourrait-il apprécier, lui qui a un regard négatif sur chacun ? Même sur celui à qui il s’adresse.

Pendant une heure et demie, c’est un exploit qu’offre François Cluzet.

Il ne lasse jamais et, avec un jeu d’une grande sobriété, il retient l’attention de tous les spectateurs. Il reste naturel, tout en jouant un désaxé qui s’adresse à son médecin.
Il a été hospitalisé pour dépression suite à la mort de son frère, mystérieusement disparu en mer, alors que tous deux étaient sur une même embarcation…
Quelle confession aurait à faire ce personnage qu’incarne François Cluzet ? Ce psy désaxé et manipulateur reste totalement dans le déni. Aurait-il caché quelque chose qu’il est incapable d’énoncer ?
Le jeu du comédien reste sobre tout au long de l’heure et demie que se prolonge son monologue. Impossible de trouver des mots assez louangeurs pour dire l’admiration pour ce comédien trop rare sur scène. Avec une grande mesure, il réussit à occuper seul tout l’espace et enchaîne son monologue avec naturel, sans esbroufe, sans éclat, mais retient l’attention des spectateurs tout au long de ce texte dit impeccablement.
Le titre « Encore une journée divine » vient de « Oh ! Les beaux jours » de Samuel Beckett.

Caroline Boudet-Lefort

Visuel de Une ©ANTHEA

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