On s’attache d’emblée au candide Lucien de Rubempré (incarné par Gaëtan Poubangui) quand il arrive à Paris avec le désir d’être reconnu comme un écrivain notoire dans cette course à la renommée. En s’introduisant dans tous les salons littéraires, son ambition le conduira de désillusion en désillusion et sa candeur prendra une gifle carabinée.
Les comédiens jouent dans tous les sens avec une grande liberté d’interprétation dans cette mise en scène à l’univers déjanté, imaginée avec beaucoup d’inventivité par Estelle Deniaud et Cécile Carbonnel. La création est cependant dirigée par Paul Platel qui a osé toutes les audaces !
On voit cet auteur en puissance, Lucien de Rubempré donc, qui va de salon littéraire en salon littéraire où il est systématiquement moqué et parfois même ridiculisé. Il est ainsi très loin de ce que ses illusions lui avaient fait miroiter. Son innocence va l’entraîner dans toutes sortes d’humiliations !
Les trouvailles scéniques sont multiples avec d’audacieux débordements qui laissent parfois le public éberlué, surtout s’il cherche Balzac !
Et pourtant, est parfaitement suivie la trame du roman de l’auteur ! Mais elle est tournée en pagaille audacieuse où il est bien difficile de retrouver les personnages d’origine. Evidemment, les attentes des différents spectateurs sont fort différentes et chacun fait son choix dans cette bohême parisienne qui donne à rire – ce qui est déjà fort appréciable ! Et sans doute quand il s’agit d’aller voir un spectacle ne faut-il pas trop l’imaginer à l’avance et faut-il se laisser surprendre ! Donc, c’est certain, la surprise est au rendez-vous de ces « Splendeurs et misères » ! Laissons-nous surprendre !
Caroline Boudet-Lefort
